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Ce que la gauche doit à la primaire

Les chiffres d’abord :

– Plus de cinq millions de personnes ont suivi le premier débat télévisé
– Deux millions et demi de citoyens sont allés voter, là où l’on en attendait au mieux un million
– De l’ordre de 3,5 M€ sont entrés dans la caisse électorale du parti, qui est ainsi rentré dans ses frais

Les politologues peuvent également analyser des apports d’un ordre plus qualitatif :

– Le PS a rajeuni son image : les caciques ont accepté d’être challengés, ce qui évite au PS de se figer dans sa position de syndicat des intérêts des fonctionnaires et des élus locaux
– Le PS se transforme en machine à élire et non à perdre : les candidats ont plus défendu leur projet ou leur candidature personnelle qu’attaqué leurs concurrents – parions que ça durera
– Le PS s’est engagé dans un processus démocratique : il a même ouvert la compétition à un (petit) allié. Qu’en pense-t-on à droite où le refus de challenger un président sortant au plus bas dans les sondages risque de tout faire perdre ?
– Le PS a réussi à réguler la compétition entre les membres de la gauche modérée. Que penserait-on au centre d’une déclaration de soutien automatique au mieux placé de la part des tous les intéressés ?
– Le PS a capté l’attention de l’opinion pendant des semaines où l’on n’a discuté que de ses propositions, rendant l’extrême-droite et la droite de gouvernement muettes et les centres quasi inaudibles
– Le PS est en passe de réussir à légitimer une candidature populaire dès avant le premier tour, ce que peineront à faire les candidats autoproclamés

Le succès du PS a-t-il l’ampleur que lui attribuent les socialistes ? Des esprits chagrins de la droite gouvernementale y voient surtout l’effet d’une mobilisation antisarkozyste dont ils craignent l’ampleur – à juste titre selon nous, et alors ? Le succès n’est pas moins réel. Il pourrait s’amplifier si l’on enregistrait dans la foulée de la primaire un regain d’envie du PS – une envie qui manquait jusqu’à présent.

Il reste évidemment des inconnues : gardons dans un coin de notre mémoire le changement fondamental que signifie le passage du PS d’un parti de militants au statut de machine électorale ; souvenons-nous aussi qu’en Italie les primaires à gauche ont d’abord eu un effet positif, puis, suite au désintérêt des sympathisants non militants, ont tourné à des affrontements entre doctrinaires de plus en plus extrémistes d’où sont sortis des candidats dont les électeurs se sont détournés. Il n’est pas sûr que les institutions de la Ve République n’en aient pris un coup de plus.

Au PS, on n’en est pas là. On savoure une victoire due essentiellement à… Arnaud Montebourg !

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1 Commentaire

1- « en Italie …les primaires … ont tourné à des affrontements entre doctrinaires de plus en plus extrémistes d’où sont sortis des candidats dont les électeurs se sont détournés » dotes-vous. N’est-ce pas déjà le cas chez nous avec Europe – Ecologie ?
2- Je crains (façon de parler) que les électeurs ayant voté pour M. Montebourg, lors du premier tour des présidentielles, rejoueront la primaire en votant prioritairement pour de nouveaux candidats: Eva Joly (devenue en un rien de temps, chantre de la gauche – gauche) et Jean-Luc Mélanchon .

Par modem07, le 12 octobre, 2011