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Quelques erreurs de Mme Aubry

Le programme de Mme Aubry n’était guère différent de celui de M. Hollande – et pour cause, c’est elle qui avait verrouillé le processus d’adoption du programme du parti qui s’imposait à chacun ! Alors, pourquoi essayer de déstabiliser M. Hollande en contestant une mesure qu’on se serait plutôt attendu à la voir défendre tant elle est populaire et dans la ligne du PS : renforcer les moyens de l’éducation nationale !

Au passage, Mme Aubry aurait marqué un point en conditionnant ce renforcement de moyens à une réforme de la manière d’enseigner, ce que Hollande s’est abstenu de faire – gageons qu’il s’en mordra les doigts s’il gagne l’élection.

L’autre option pour Mme Aubry, c’était de mettre l’accent sur les différences entre sa personne et celle de M. Hollande sur trois dimensions : expertise, expérience, personnalité. Elle s’y est essayée sans convaincre ; dire du bien de soi-même – je sais faire ceci, j’ai également fait cela – ne convainc personne ; le premier conseiller en communication vous le dira : si c’est possible, il faut confier cette tâche à des tiers objectifs. D’ailleurs, le malin M. Hollande n’a pas dit du bien de lui : il a dit qu’il serait un président normal – à force d’en être critiqué, il a été cru ! et comme c’est ce que les gens avaient envie d’entendre…

Alors, faute de se faire entendre, Mme Aubry s’est rabattue sur les critiques de son adversaire ; mais la critique était bannie de l’exercice : dûment notée par la droite, elle se transformerait en argument contre le vainqueur de la primaire. François Hollande l’avait bien compris ; il l’avait théorisé, dit et redit ; l’autorité chargée de modérer les concurrents a même dû le répéter dans la dernière ligne droite. Rien n’y a fait ! Au mépris des avertissements, Mme Aubry n’a pas pu s’empêcher d’attaquer sans cesse M. Hollande. Quand on le lui a reproché, elle a botté en touche en invoquant avec un contentement de soi pénible, son mauvais caractère comme si c’était une preuve de caractère, et donc une qualité. Raisonnement bien pauvre !

Les électeurs n’ont pas aimé être pris pour des billes. Ils ont tranché. La posture de Mme Aubry était contreproductive pour la gauche, Mme Aubry a été sanctionnée.

Au-delà, en tendant l’oreille l’observateur de la chose politique entend peut-être une petite musique bien agréable : le rejet de la politique à la Papa – j’ai tort de dire à la Papa car je n’ai jamais entendu M. Delors, que j’ai approché un peu quand il était ministre, dire de ses concurrents, ni même de ses adversaires, ce que la fille a dit du sien – donc, le rejet de la politique à la Papa où injurier son adversaire mobilise son électorat. On a plutôt le sentiment qu’aujourd’hui, les attaques personnelles font fuir les électeurs.

A bon entendeur…

Crédit photo : actugironde

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